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" Dans la nuit noire de l'âme, il est toujours trois heures du matin. "

" Dans la nuit noire de l'âme, il est toujours trois heures du matin. "
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Je n'ai jamais vraiment su pourquoi je faisais tout ça... Pourquoi j'avais ce besoin de frôler sans cesse le danger, d'exposer mon corps et mon âme à la douleur. Comme si le besoin de me détruire et de me salir m'était salutaire. Je cherchai par n'importe quel moyen à défier mes limites et j'adorais ça. Peu me comprenaient et je suis certaine que je faisais peur. Pourtant je savais qu'autre chose m'attendait, que cette période était évidente. Qu'il fallait, pour donner un sens à ma vie et pour la comprendre réellement, l'explorer d'abord au plus profond, en extraire sa noirceur et m'en vêtir. Tout ça était évident. M'était nécessaire et bénéfique. Je savais que je m'en sortirai, mais je freinais le moment. Encore un peu de douleur et de chagrin, de larmes et de sang, puis ensuite j'oublierai tout.

J'ai toujours aimé la nuit et me fondre en elle. J'aime les lumières des villes, les ruelles sombres et ls bas fonds. J'aimais claquer ma porte et m'enfuir vers des paradis artificiels, avec un seul mot aux lèvres : liberté.
Longtemps j'ai erré, espéré, me disant que tout ceci n'était qu'un jeu et que j'endossais un rôle, qu'autre chose m'attendait, mais quoi? Je n'étais pas seulement une fugueuse nocturne, cherchant à fuir ses problèmes et la réalité.J'avais besoin de m'échapper, de respirer et non pas d'être enfermée, sinon j'allais devenir folle. J'aimais marcher sans savoir où aller, seule toujours, mais avec l'espoir secret que quelqu'un m'aborderait et e comprendrait. Il n'y a jamais eu personne et j'ai dû continuer ma route seule. Toujours seule.

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J'aimais le bruit de mes chaussures sur le goudron, et mon souffle saccadé, parce que j'avais trop marché. Il faisait nuit, le monde avait l'impression de s'être arrêté, et j'étais seule au monde, seule avec moi-même, et je pouvais alors penser, et anticiper combien ma vie serait belle et réussie, parce que j'étais quelqu'un, et pas seulement une fugueuse nocturne, cherchant à fuir ses problèmes et la réalité. J'avais soif, faim, j'étais fatiguée, mais mes pas ne s'arrêtaient pas et m'emmenaient loin, très loin, dans une vie où j'aurai moi même fait mes choix. Et j'y pensais sans cesse, le sac à dos sur les épaules, une cigarette aux lèvres et un sourire jusqu'aux oreilles, à l'avenir radieux qui m'attendait ailleurs, car l'ailleurs et le nulle part était mieux qu'ici. Je croisais des gens qui déambulaient sans savoir pourquoi et je souriais en les regardant, et en les plaignant, parce que eux s'étaient enfouis dans leur mal-être jusqu'au cou, qu'ils ne savouraient rien et ne comprenaient pas.

J'étais terriblement heureuse, bien que fauchée, seule, fatiguée, et sans toit. Je continuai pourtant, et je rêvais toujours, tout en avalant et en m'injectant toutes ces merdes, qui me permettaient de tenir, de ne pas sombrer, et d'espérer toujours. Mes pensées ne se sont jamais cassées la gueule. Même lorsque j'échouai sur un trottoir, le sac à dos comme appuie-tête, les jambes répliées sous mon ventre, et mes cheveux longs me cachant le visage, de peur que l'on me perce à jour, que l'on devine à quel point j'étais perdue, triste, et que cette sensation que j'appellais bonheur, n'était en fait qu'éphémère et factice, mais que j'en avais foutrement besoin.

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# Posté le lundi 04 août 2008 20:45

Modifié le mardi 12 août 2008 21:46

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