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Octobre

Octobre
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Je connt la sensation du mois d'octobre, du froid qui s'installe, du vent qui se lève, et du changement d'heure. Ce froid qui s'insinue partout, qui mord les doigts, et qui fait trembler. Je me suis levée un matin, et c'était un matin normal, où j'ai laissé mon lit tel quel, défait et sens dessus dessous pour plonger le nez dans une tasse de café. Je savais que les minutes me rapprochaient du moment fatidique, celui où je franchirai la porte d'entrée, écharpe au cou,mitaines au bras, bien engoncée dans mon manteau noir pour poser un pied dehors.
Je suis fascinée, lorsque je sors, de ce bruit que font mes rangers sur le gravier, et du silence qui règne autour, comme si j'étais seule au monde, dans un univers parallèle. Quelques voitures passent, et ma rappelle la présence d'autres êtres humains. Je lève les yeux au ciel et je regarde les imposantes maisons de mon avenue. Les fenêtre s'éclairent petit à petit, et tous sont plongés dans le même rituel : une douche peut-être, en train de déjeuner, ou de se préparer à partir.

Ce que j'aime aussi, c'est quitter l'école le soir, assez tard, quand la nuit est tombée, et le froid avec.Je mets mo sac à l'épaule, m'enveloppe dans mon manteau et mets les mains dans les poches, et je prends la route qui me mène à chez moi. Seulement ce soir, alors que ma silhouette se fondait dans l'obsucrité, ce fut différent. Les lampadaires avaient une couleur verdâtre et me semblaient moins lumineux. Il y avait des ombres qui courraient sur les murs et mes oreilles percevaient des sortes de chuchotement qui petit à petit m'enveloppaient. J'entendaient des ricanements autour, de plus en plus forts, de plus en plus stridents et cruels.

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J'essayais de ne pas y faire attention, de continuer à marcher. Vite, toujours plus vite. Jusqu'à ce que les bruits me rattrape. Il y avait comme des petites lumières qui essayaient de me transpercer le corps, comme si elles voulaient s'insinuer en moi et me détruire. Je commençais à paniquer, et encore plus lorsque je vis ces deux yeux en face de moi, d'un violet intense et lumineux. Tellement lumineux que je dû baisser la tête pour ne pas qu'ils me brûlent les miens. Il y avait cette voix aussi, très guturale, très rauque, à vous glacer le sang. Je ne pensais qu'à une chose : sortir de ce cauchemar. Je mis peu de temps à me rendre compte que j'étais prise au piège, à la merci de ces yeux, de ces ombres, de ces rires infernals. Trop proches de moi, tellement proches que j'aurai pu si j'avais voulu, les toucher, percevoir leur présence encore plus près. J'essayais de me débattre, d'hurler, d'appeller à l'aide, mais ma voix était bloqué, et mes muscles paralysés. Je leur appartenais déjà tout entière.

Je crois que mon coeur battait très fort, quand ces yeux m'ont transpercé la peau. Je crois aussi que la peur m'a vite quittée, une fois que j'ai su que ç'en était fini de moi, de ce qui me tenait en vie. Je crois aussi que personne ne saura jamais ce qu'il m'est arrivé et que moi-même je ne perçerai jamais le mystère, car je suis aussi devenue ombre et c'est la haine et la vengeance qui coule en moi, vu que le sang a quitté mon corps et que mon coeur a fondu au moment où il faisait de moi une des leurs.

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# Posté le mercredi 27 août 2008 13:17

Modifié le lundi 08 juin 2009 17:11

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